Biot - Musée national Fernand Léger

département Alpes-Maritimes
commune Biot
appellation Musée national Fernand Léger
adresse chemin du Val de Pome
auteur André SVETCHINE (architecte)
date 1956-1960
protection édifice non protégé
label patrimoine XXe Commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS) du 28 novembre 2000
   

Sur le terrain horticole du "Mas Saint-André", que Fernand Léger avait acquis peu de temps avant sa mort pour venir pratiquer la céramique à Biot, s’élève le Musée Fernand Léger. Commandé en 1956 à l’architecte Paul Nelson, ce musée sera finalement réalisé par André Svétchine, à partir de 1957, et inauguré en 1960 par Gaëtan Picon, directeur général des Arts et Lettres. Suite à une donation en 1967, il est devenu musée national en 1969.
Témoin d’une forte dynamique culturelle régionale dans les années 1960, le musée Fernand Léger est une œuvre dans laquelle architecture et art sont intimement liés, l’œuvre du peintre se propageant – par l’intermédiaire des réalisations d’autres artistes – sur la façade, les vitraux et les tapisseries.

L’architecte André Svetchine choisit de placer le musée au milieu de la parcelle, sur une butte de remblai qu’on gravit par une longue rampe laissant au visiteur le temps de prendre la mesure de l’édifice avant d’y entrer.
Quelques degrés permettent d’accéder à une terrasse soutenue par un muret de pierre de pays qui crée un socle visuel et souligne l’horizontalité de la composition.
"Calée" entre deux murs aveugles de la même pierre de pays, la façade Sud est presque entièrement couverte d’une mosaïque multicolore monumentale (400 m2), combinant tesselles de pierre naturelle et de verre coloré en motifs abstraits. Réalisée entre 1957 et 1960 par les mosaïstes Heidi et Lino Mélano, elle est complétée par deux haut-reliefs de céramique noire et blanche signés de Roland et Claude Brice : évoquant le thème du sport (jeu de ballon et vélo), ces reliefs s’inspirent d’un projet non réalisé de Fernand Léger pour le stade d’Hanovre.

Le rez-de-chaussée, percé par de simples baies vitrées scandées par des poteaux de béton, est traité avec la discrétion d’un soubassement : l’entrée, à l’Est, se devine à peine. La façade Nord, plus largement percée de baies, est rythmée par les horizontales et les verticales de la structure porteuse, permettant de dégager, à l’intérieur, un vaste espace sans supports.

Entre 1987 et 1990, le musée Fernand Léger a fait l’objet d’agrandissements confiés à l’architecte Bernard Schoebel. Ce dernier choisit alors de placer une aile en équerre par rapport au bâtiment d’origine, et de surface similaire. Le musée double ainsi sa surface d’exposition et adopte un plan en L inversé. Comme son prédécesseur, l’architecte va user de l’alternance des matériaux et des couleurs pour dynamiser les façades. A l’Est, il prolonge le mur pignon par une façade présentant trois mosaïques monumentales verticales en légère saillie, séparées par des baies vitrées. Egalement réalisées par Heidi Mélano, elles répondent à celle de la façade Sud et adoptent les mêmes matériaux.
A l’Ouest, la quasi-totalité de la façade est occupée par une mosaïque multicolore de forme légèrement infléchie, devant laquelle un bassin en ellipse vient créer des jeux de reflets. De part et d’autre de la mosaïque, deux vitraux en dalles de verre enchâssées dans le béton, créés par Jacques Loire, apportent de la lumière aux espaces de circulation.

A l’intérieur, on accède aux vastes salles d’exposition par un hall d’entrée en double hauteur animé par un vitrail de 9 mètres de haut signé des maîtres verriers Aubert et Pitteloup. Dans sa configuration actuelle, l’aile Sud n’est que partiellement destinée à recevoir des œuvres : elle abrite les différentes structures d’accueil du public et un auditorium. L’aile Nord, en revanche, ainsi que l’intégralité de l’étage du bâtiment, est entièrement destinée à accueillir la collection permanente et les expositions temporaires. La majeure partie des façades de l’aile Nord étant aveugles, des sheds viennent apporter un éclairage naturel indirect aux espaces d’exposition, récemment restructurés par l’architecte niçois Marc Barani (2004-2008).

Après l’intervention du paysagiste Philippe Déliau, le parc du musée a retrouvé son équilibre d’origine : la prairie et la butte précédant le musée sont comme protégées par un écrin de cyprès, de pins et d’oliviers. Ce parc avait été conçu par le paysagiste Henri Fisch, également auteur des jardins des deux autres musées nationaux des Alpes Maritimes, le Musée du Message biblique Marc Chagall à Nice et le Musée Picasso à Antibes. La sculpture monumentale en bronze, inspirée de la Fleur qui marche que Fernand Léger avait dessinée pour l’Hôpital de Saint-Lô (non réalisée), crée un jalon dans le parcours extérieur, évoquant les recherches pluridisciplinaires de l’artiste qui a poursuivi toute sa vie la quête de la synthèse des arts.

  • Rédacteur : Eve Roy, drac paca crmh, 2013