Éducation populaire

Au-delà des politiques de droit commun qu’ils mènent et qui participent du pacte républicain, le ministère de la Culture et de la Communication et les fédérations d’Éducation populaire souhaitent amplifier leur action dans certains domaines d’intervention qui favoriseront encore davantage l’exercice de la citoyenneté et le vivre ensemble. Porteurs de valeurs essentielles à la démocratie, comme la liberté de création et la liberté d’expression, fervents défenseurs de la diversité culturelle, ils jouent également un rôle de passeur de ces valeurs, notamment auprès des jeunes générations.

Le ministère de la Culture et de la Communication engage des politiques en matière de démocratie et de démocratisation culturelles. Il favorise l’accès du plus grand nombre aux œuvres et aux pratiques artistiques et culturelles, et reconnaît la pluralité des expressions artistiques portées par toutes les composantes des populations qui vivent sur notre territoire. Il conduit une politique publique de cohésion culturelle et nationale.

Il considère en effet comme prioritaire le droit culturel institué par La Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Il encourage ainsi particulièrement les actions qui contribuent à la défense de ce droit et au respect de la diversité culturelle.

En juin 2016, onze fédérations d’éducation viennent de renouveler, avec le ministère de la Culture et de la Communication, leurs conventions pluri-annuelles d’objectifs (CPO 2016-2018) :

 Centres d'entrainement aux méthodes d'éducation active (CEMEA)  : Texte de la convention 2016-2018 (pdf) 

 Collectif inter-associatif pour la réalisation d'activités scientifiques et techniques internationales (CIRASTI) : Texte de la convention 2016-2018 (pdf)

 Confédération des maisons des jeunes et de la culture de France (CMJCF) : Texte de la convention 2016-2018 (pdf)

 Fédération des centres sociaux et socio-culturels de France (FCSF)  : Texte de la convention 2016-2018 (pdf)

 Fédération française des maisons des jeunes et de la culture (FFMJC)  : Texte de la convention 2016-2018 (pdf)

 Confédération nationale des foyers ruraux (CNFR)  : Texte de la convention 2016-2018 (pdf)

 Fédération nationale des FRANCAS  : Texte de la convention 2016-2018 (pdf)

 Fédération Léo Lagrange  : Texte de la convention 2016-2018 (pdf)

 La ligue de l'enseignement  : Texte de la convention 2016-2018 (pdf)

 Peuple et culture  : Texte de la convention 2016-2018 (pdf)

 Union française des centres de vacances et de loisirs (UFCV)  : Texte de la convention 2016-2018 (pdf)

 

Les fédérations d’Éducation populaire, en convention pluri-annuelle avec le ministère de la Culture et de la Communication, concourent à la constante transformation de la société et contribuent à l’avènement d’une société plus juste et solidaire, fondée sur la confrontation des points de vue et l’évolution des rapports humains à partir des représentations et des opinions de chacun. Les valeurs fondamentales qu'elles défendent, et qui fondent leur action, sont la citoyenneté, l'émancipation, la coopération, la solidarité, la justice.

Elles ont identifié les problèmes de société émergents et su développer et expérimenter des méthodes et des modes d’action pour y répondre et créer les conditions permettant à chacun de jouir de ses droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux.

À ce titre, les fédérations d’Éducation populaire contribuent aux politiques culturelles :

  • en développant la pratique artistique et culturelle, le partage des cultures et le recueil des mémoires afin de renforcer les identités personnelles et collectives et d’œuvrer pour la citoyenneté ;
  • en soutenant les artistes et la création par des résidences, des ateliers, et diffusant leurs œuvres à un large public.

Par leurs ancrages territoriaux, la diversité de leurs interventions, l'étendue des populations concernées, les fédérations d’Éducation populaire, présentes sur l’ensemble du territoire, constituent des maillons essentiels du développement culturel.

Aussi, la présente convention souhaite réaffirmer la continuité du partenariat entre le ministère de la Culture et de la Communication et ces fédérations, et les engagements partagés en faveur de la cohésion sociale et de la reconnaissance de la diversité de notre pays.

Conformément à la feuille de route fixée par le Premier ministre lors du Comité interministériel pour l’égalité et la citoyenneté (CIEC) du 6 mars 2015, les fédérations d’Éducation populaire sont encouragées à œuvrer dans les quatre domaines d’intervention précisés à l’article suivant.

 

Les domaines d’intervention prioritaires

Afin de répondre à ces missions, les fédérations s’engagent à porter ces actions suivant quatre domaines d’intervention couvrant treize objectifs prioritaires :

1-La transmission des savoirs par l’accès à la pratique artistique et culturelle

  • Le développement culturel
  • L’éducation artistique et culturelle
  • La formation des acteurs culturels
  • Le développement, l’accompagnement et la qualification des pratiques artistiques des amateurs

2- L’expression et l’apprentissage du sens critique

  • L’action culturelle au service de la maîtrise de la langue française
  • Le numérique comme levier de découverte et création culturelles
  • L’éducation aux médias età l’information

3- La responsabilité citoyenne

  • L’exercice de la citoyenneté
  • La défense et la reconnaissance des apports culturels des minorités
  • L’engagement, le bénévolat et le service civique

4- Le développement territorial

  • Le maillage du territoire
  • La prise en compte des territoires prioritaires et des populations en situation spécifiques
  • La dimension européenne et internationale

 

1- La transmission des savoirs par l’accès à la pratique artistique et culturelle

La culture ne se réduit pas à sa dimension artistique mais englobe tout ce qui permet, individuellement ou collectivement, d'appréhender le monde et les rapports sociaux pour se construire et agir. L'accès à l'art et à la culture contribue à la formation du citoyen et constitue un garant pour la démocratie, comme énoncé dans la loi d'orientation de 1998 relative à la lutte contre les exclusions.

  • 1/1 Le développement culturel

L'une des missions fondatrices des fédérations d’Éducation populaire est de rendre accessibles au plus grand nombre le patrimoine architectural et artistique ainsi que les œuvres de création contemporaine. L’Éducation populaire conduit ainsi une politique destinée à mettre la culture au cœur de la vie des populations et agit dans le cadre de l'obligation de l'État d'assurer à chacun l'exercice de son droit à la culture. Le développement culturel prend en compte toutes les disciplines artistiques et culturelles.

  • 1/2 L’éducation artistique et culturelle

Les fédérations d’Éducation populaire s’engagent, en cohérence avec les différentes offres d'éducation artistique et culturelle existantes, à prendre en compte les différents temps de l'enfant, du jeune et de leurs familles : temps scolaire, périscolaire et extrascolaire et assurer leur rôle de passerelle entre ces différents temps de la vie. Elles participent activement à mettre en place un continuum tout au long de la scolarité, de la maternelle à l'université.

  • 1/3 La formation des acteurs culturels

La formation des différents types d’intervenants aux enjeux culturels est une condition préalable à un développement culturel abouti. La sensibilisation, la formation et la professionnalisation des acteurs des champs sociaux et culturels doivent permettre d’intensifier les compétences des relais en matière de médiation culturelle, d’accompagnement des pratiques artistiques des amateurs et de diffusion. Elle permet d’offrir et de partager les outils nécessaires à la construction de projets culturels cohérents, attentifs aux qualités et cadres de vie spécifiques des personnes auxquelles ils s’adressent.

  • 1/4 Le développement, l’accompagnement et la qualification des pratiques artistiques des amateurs

Les acteurs de l’Éducation populaire souhaitent agir sur les modes d’intervention culturelle dans les territoires et apporter une attention renforcée à la création artistique, qu'elle émane des professionnels ou des amateurs. Ils renforcent la formation des professionnels qui accompagnent la création artistique des amateurs.

Ils rénovent, développent et génèrent de nouveaux types de rencontres entre pratiques amateur et professionnelle : en s'appropriant les pratiques innovantes, en encourageant la rencontre amateurs / artistes, en imaginant et concevant des outils nouveaux de la médiation dans tous les registres de l’expression et de la création. Ce développement passe aussi par le conseil et l’accompagnement d’initiatives et de projets, notamment en direction des jeunes.

 

2- l’expression et l’apprentissage du sens critique

  • 2/1 L’action culturelle au service de la maîtrise de la langue française

Les fédérations s’efforcent de réduire les inégalités face à la maîtrise de la langue qui contribuent à creuser davantage les écarts dans les trajectoires individuelles, aux plans social, culturel et professionnel.

  • 2/2 Le numérique comme levier de découverte et de création culturelles

Si le numérique est rapidement devenu un outil majeur de découverte, d’expression et de création artistique et culturelle, les enjeux de la fracture numérique semblent dépasser les aspects techniques et mettent ainsi en perspective des écarts d'ordre économique, sociale et culturelle. C'est dans ce contexte que les fédérations d’Éducation populaire s’engagent à développer des actions pour que le plus grand nombre puisse s’approprier ses usages, ses pratiques et ses codes en mobilisant, notamment, les acteurs de l'écosystème numérique.

  • 2/3 L’éducation aux médias età l’information

Favorisée par la transmission des valeurs et savoirs propres à chaque fédération, l’éducation aux médias doit développer le sens critique et celui des responsabilités personnelles et collectives.

Depuis l’éducation aux médias jusqu’à la pré-professionnalisation, des actions éditoriales ou de diffusion seront mises en œuvre à destination des jeunes, notamment sur le temps extrascolaire, mais aussi en direction de tous publics. Les fédérations peuvent avoir à participer également à la création et au développement de médias de proximité, et, dans ce cadre, seront amenées à favoriser les passerelles avec d’autres médias, locaux, régionaux ou nationaux.

 

3- La responsabilité citoyenne

  • 3/1 L’exercice de la citoyenneté

La mobilisation associative est mise au cœur de cette action et encourage : l'expression des citoyens, la capacité de débat public, la coopération, le respect de la diversité des croyances, des opinions et des cultures, le civisme, la connaissance des institutions, de l'histoire des idées et des systèmes politiques.

  • 3/2 La défense et la reconnaissance des apports culturels des minorités

La reconnaissance des apports des minorités culturelles, et leur libre expression, doivent participer à lutter contre les discriminations, le racisme, l’antisémitisme et la traite des êtres humains. Il s’agit de modifier les comportements et les représentations sur ce qui nous est étranger, de l’accueil à l’intégration et d’associer les apports des minorités comme celles des gens du voyage, des populations migrantes, immigrées et issues de l'immigration, dans la construction nationale.

  • 3/3L’engagement, le bénévolat et le service civique

L’engagement est un préalable à toute démarche d’Éducation populaire. Les fédérations d’Éducation populaire le promeuvent et accompagnent, dans ce cadre, les bénévoles volontaires de l’encadrement et de l’animation, et les volontaires du service civique.Ils permettent à ces derniers de conforter leur apprentissage de la citoyenneté, en participant à des actions qui favorisent l’accès de tous à la culture et mettent celle-ci au service des valeurs républicaines.

Les fédérations contribuent ainsi au programme « Citoyens de la culture » sous diverses formes : formation des tuteurs, formations civiques et citoyennes à destination des jeunes, prise en charge de l’agrément de l’accueil des volontaires.

 

4- Le développement territorial

  • 4/1 Le maillage du territoire

Les fédérations d’Éducation populaire s’engagent à valoriser la diversité, notamment celle des ressources culturelles des territoires et à favoriser la reconnaissance de toutes les cultures et de leurs acteurs. Dans le même temps, elles participent, en partenariat et en complémentarité, à la diffusion des œuvres de création contemporaine avec les structures artistiques du territoire dans le cadre des circuits de création et de diffusion de leurs structures culturelles. Elles permettent de mieux conduire des stratégies participatives. Les opérations et dispositifs nationaux mis en place dans les domaines des médias, du patrimoine et de la création peuvent être des leviers déclinés sur le territoire de ce domaine d’intervention. La participation à la valorisation de l’attractivité culturelle des territoires sera également encouragée.

  • 4/2 La prise en compte des territoires prioritaires et des populations en situation spécifique

Une attention particulière sera portée aux actions conduites en direction des publics les plus éloignés de la culture pour des raisons géographiques, sociales ou économiques. Les zones isolées ou fragilisées nécessitent des actions volontaires. On favorisera ainsi les interventions en faveur des habitants des territoires prioritaires (quartiers de la politique de la ville ou milieu rural) et des personnes en situation spécifique (placées sous main de justice ou sous protection judiciaire, en situation de handicap ou hospitalisées, etc.). Les conventions interministérielles mises en place pourront servir de cadres à ces interventions.

  • 4/3 La dimension européenne et internationale

La dimension d'éducation à l'interculturel, la dimension de solidarité internationale dans les domaines de la culture et de l'éducation, et celle de développement des formes de citoyenneté européenne, voire mondiale, sont trois grandes orientations sur lesquelles les fédérations d’Éducation populaire s'appuient, pour développer avec de nombreux partenaires, des échanges, des rencontres, des projets croisés.

 

En conclusion

Pour ce faire, les fédérations d’éducation populaire s’engagent à animer et qualifier leurs réseaux. Les têtes de réseaux s’appuient sur leurs structures de proximité afin de développer une politique culturelle territoriale qui réponde à l’ensemble des objectifs fixés ci-dessus.

En parallèle, elles assurent la valorisation et la synthèse des actions conduites, notamment en termes de pratiques innovantes et d’identification des publics touchés.

Ainsi, par le renforcement des réseaux et des têtes de réseaux dans leur rôle d’animation et de coordination, le maillage des territoires sera amplifié.

D’autre part, le MCC mobilise ses directions des affaires culturelles dans l’application de cette convention au niveau des territoires.