Une politique volontariste en faveur de l'égalité femmes-hommes

Publié le 08.03.2016

Le 8 mars, le 4e rapport de l’égalité femme-homme a été rendu public. Analyse des principaux résultats et enseignements avec Muriel Genthon, Haute-fonctionnaire en charge de l’Égalité Femmes-Hommes au ministère de la Culture et de la Communication.

Où en est l’égalité femmes-hommes dans les domaines de la culture et de la communication ?

En 2015, la proportion des femmes ayant accédé à des postes de direction au ministère de la Culture et de la Communication était de 45 %. Même si nous ne sommes pas encore tout à fait à la parité effective, ce résultat est remarquable et en approche très fortement. Il est le résultat de la politique très volontariste menée depuis près de quatre ans par les différents ministres de la Culture et de la Communication en faveur des femmes. Pour les postes de dirigeantes de l’audiovisuel public, le résultat est encore plus net : elles étaient 60 % à y avoir accédé contre 40 % des hommes. Dans un autre domaine, une tendance est également particulièrement encourageante : un étudiant sur deux des établissements de l’enseignement supérieur culture est une femme. C’est un signal positif pour l’avenir, même s’il reste beaucoup à faire.

Sur quels secteurs, le ministère de la Culture et de la Communication doit-il renforcer son action ?

Au 1er janvier 2016, les inégalités entre les femmes et les hommes sont encore – hélas – bien présentes. Les femmes sont beaucoup moins nombreuses que les hommes à la tête des lieux de création et de diffusion du spectacle vivant, particulièrement dans les scènes de musiques actuelles, les opéras et les centres chorégraphiques nationaux. Par ailleurs, plus les budgets des structures aidées sont importants, moins on trouve de femmes à leur tête… Ainsi, 5 % seulement des structures vouées à la création artistique labellisées ayant un budget supérieur ou égal à 10 millions d’euros sont dirigées par des femmes alors qu’elles sont 54 % à se voir confier la responsabilité d’un établissement doté d’un budget inférieur à 500 000 euros.


Une tendance est également particulièrement encourageante : un étudiant sur deux des établissements de l’enseignement supérieur culture est une femme. C’est un signal positif pour l’avenir, même s’il reste beaucoup à faire


Qu’en est-il au niveau de la programmation ?

Là encore, il faut que les mentalités évoluent et que nous soutenions les talents de nos créatrices pour qu’elles soient bien identifiées. En effet, les femmes sont moins programmées en musique, danse et théâtre, ainsi que dans les expositions d’arts plastiques. De plus, les œuvres des femmes sont moins présentes dans les Fonds régionaux d’art contemporain (FRAC) et au Fonds national d’art contemporain (FNAC). Autre chiffre significatif : dans le secteur du cinéma, moins de films de femmes que d’hommes accèdent à l’avance sur recettes. Les progrès seront réalisés en favorisant encore plus l’accès à l’information et en accompagnant mieux les créatrices.


Comment faire pour aller plus loin dans l’égalité ?

S’il y a lieu de se réjouir de la parité qui existe pour les étudiant(es) des écoles supérieures sous tutelle du ministère de la Culture et de la Communication, annonçant peut-être un avenir plus paritaire, il reste beaucoup à faire pour promouvoir l’égalité dans l’exercice des responsabilités de direction dans l’administration de la culture et de la communication, comme dans les institutions culturelles, mais aussi dans l’accès aux moyens de production et de diffusion de la création artistique. Les chiffres sont têtus, et ils révèlent que, au-delà de la connaissance de l’état des inégalités qui est nécessaire à tout décideur public, nous avons besoin d’une mobilisation beaucoup plus grande pour progresser. Le ministère de la Culture et de la Communication va engager avant la fin 2016 une démarche de labellisation auprès de l’Afnor concernant l’égalité femmes – hommes ainsi que sur la diversité. Nous serons un des premiers ministères à nous engager et donc à mettre en place des indicateurs, des formations, des informations pour mobiliser toutes et tous pour parvenir à une représentation réelle de la société au sein du ministère de la Culture et de la Communication. Comment envisager autrement l’avenir de l’art et de la culture ?


Le CSA publie son premier rapport sur la parité dans l'audiovisuel

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a publié son premier rapport sur la présence des femmes dans les programmes audiovisuels. La loi du 4 août 2014 confie au CSA la mission de veiller à une juste représentation des femmes et des hommes à l’antenne, ainsi qu’à l’image des femmes dans les émissions, notamment en luttant contre les stéréotypes, les préjugés sexistes, les images dégradantes, les violences faites aux femmes et les violences commises au sein du couple.
Ce rapport 2015 révèle une représentation globale des femmes à l’antenne qui doit encore être améliorée. Le Conseil note qu’un nombre significatif de programmes contribuant à la lutte contre les préjugés sexistes et les violences faites aux femmes a été diffusé cette année. Par ailleurs, si les femmes restent moins représentées parmi les invités experts, politiques et autres intervenants, le CSA souligne que la parité chez les présentateurs, animateurs et journalistes tend davantage vers l’équilibre.
Ce rapport servira de base de travail à une prochaine rencontre avec les opérateurs audiovisuels afin de réduire les insuffisances relevées.

Lire le rapport du CSA relatif à la représentation des femmes dans les programmes des services de télévision et de radio