Une offensive culturelle en faveur de la jeunesse

Publié le 17.12.2015

Plan pour l’éducation artistique et culturelle, politique d’éducation aux médias, lancement d’événements nationaux comme Lire en short ou La Belle Saison… Pour "favoriser l’accès des jeunes à la culture", Fleur Pellerin s’est engagée, depuis plus d’un an, dans une une véritable offensive en faveur de la jeunesse.


Ouverture de la journée de formation à l’éducation artistique, lancement de l’opération « Dessinez Créez Liberté », signature d’une importante convention sur l’éducation aux médias… Avec ces nouvelles initiatives, Fleur Pellerin poursuit résolument son offensive culturelle en faveur de la jeunesse. Si la journée nationale de formation, qui s’est tenue le 14 décembre, portait spécifiquement sur les parcours d’éducation artistique, les autres événements du 17 décembre, sont en revanche fortement marqués par le contexte post-attentats. Il s’agit du lancement de « Dessinez Créez Liberté », une nouvelle opération destinée à favoriser l’expression des jeunes autour des valeurs républicaines, et de la signature d’une importante convention sur l’éducation aux médias et à l’information, destinée à renforcer l’esprit critique des plus jeunes. Derrière leur diversité, ces événements sont les différentes facettes d’un seul et unique engagement : favoriser l’accès des jeunes à la culture.


« Derrière leur diversité, ces événements sont les différentes facettes d’un seul et unique engagement : favoriser l’accès des jeunes à la culture »


Premier acte déterminant de cet engagement en faveur de la jeunesse : la présentation en février dernier par Fleur Pellerin et Najat Vallaud-Belkacem de la feuille de route pour l’éducation artistique et culturelle (EAC). Onze mois plus tard, lors de l’ouverture de la journée de formation à l’éducation artistique, la ministre de la Culture et de la Communication a fait le point sur les avancées de son plan. Premier élément : les moyens alloués en 2016 à l’EAC ont été « augmentés ». Autre avancée : plus de 350 contrats de ville sont désormais dotés d’un volet culturel, comprenant souvent des dispositifs d’éducation artistique. « C’était là aussi une orientation nouvelle et importante en 2015, dont je souhaite qu’elle aille plus loin encore », a-t-elle ajouté. Dernier « levier » évoqué par la ministre devant  : le projet de loi liberté de création a été l’occasion de poser d’autres jalons,pour « permettre à la copie privée de financer des actions d’éducation artistique, élargir l’acception de l’éducation aux arts et à la culture pour l’ouvrir à tous les publics ».



Ce plan transversal – il touche toutes les disciplines artistiques sans distinction – n’est pas pour autant incompatible avec des actions sectorielles. Bien au contraire. Car chacune des opérations menées – Lire en short pour la lecture, La Belle Saison pour les spectacles, la Petite Galerie du Louvre pour les musées ou les actions de Démos et d’Orchestre à l’école pour la musique – « aideront », selon Fleur Pellerin, « à mettre en œuvre les parcours EAC ». La ministre veut tirer profit du réseau des quelque 16 000 bibliothèques territoriales, ainsi que de celui des scènes conventionnées. Toutes, elles doivent servir de support à une « mobilisation générale » en faveur de l’EAC, de même que la relance des conservatoires territoriaux. Enfin, il faut, selon elle, «  poursuivre » les initiatives menées en 2015 dans les territoires périurbains ou ruraux. À ce titre, citons notamment les actions en matière d’éducation artistique et culturelle, mais aussi d’accès à la langue française, ou de soutien aux médias de proximité.



C’est un signal fort : les deux dernières manifestations conçues par le ministère de la Culture et de la Communication sont dédiées à la jeunesse. Avec Lire en short, dont la première édition qui s’est tenue en juillet dernier a rencontré son public (300 000 visiteurs), il s’agit tout simplement de faire découvrir au jeune public que la lecture peut constituer elle aussi – au même titre que les films, les jeux vidéos ou internet – un plaisir. « Lire en short, confirme Vincent Monadé, président du Centre national du livre et co-commissaire de la manifestation, est fondé uniquement sur le plaisir de lire ». Une remarque que corrobore Sylvie Vassallo, co-commissaire de la manifestation et présidente du Salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil. « Lire en short est venu susciter le désir de lire à un moment où les enfants mais aussi les familles sont disponibles pour le faire », dit-elle, en soulignant les avancées apportées par Lire en short : « Au-delà de la complémentarité entre les deux manifestations, Lire en short a nourri notre programmation sur le sujet précis de la médiation : je pense à toutes les idées, parfois ludiques, qui ont été portées par les acteurs de Lire en short pour faire en sorte que la lecture devienne accessible à des enfants pour qui le livre n’est pas forcément un objet facile. Cette expérience va nourrir notre expérience de médiateur du livre au salon et même bien au-delà ».



Autre manifestation lancée spécifiquement à destination du jeune public : La Belle Saison. Dix-huit mois après son lancement, c’est peu de dire que cette opération qui portait sur les scènes en tout genre – du théâtre à la danse, en passant par la marionnette, le cirque, la musique ou les arts de la rue – a rempli sa mission : « offrir à la jeunesse une offre de qualité pour les arts vivants », selon Fleur Pellerin. Au-delà des chiffres (1 000 projets, spectacles, colloques, événements participatifs, qui ont été organisés dans toute la France et à l’étranger), les expériences humaines suscitées par cette manifestation le prouvent : La Belle Saison s’est imposée comme un moment incontournable du paysage culturel français. Pour cette raison, Fleur Pellerin, en dressant le bilan de dix-huit mois d’actions, a indiqué le 8 décembre une amplification de la manifestation : devenue Génération Belle Saison, un véritable plan d’actions propose vingt-trois mesures visant à dévelloper le spectacle jeunesse. « C'est un tournant sans précédent qui s'engage », a promis Fleur Pellerin.


Fleur Pellerin signe une convention sur l’éducation aux médias

Intensifier les liens entre les médias et l’école, tel est l’objectif de la convention-cadre signée le 17 décembre par Fleur Pellerin, Najat Vallaud-Belkacem et Canopé. La ministre de la Culture et de la Communication a détaillé plusieurs initiatives qu’elle allait prendre dès janvier 2016. « Dés le mois prochain, a-t-elle assuré, je lancerai un programme de « journalistes en résidence »  dans les quartiers populaires. Cela permettra aux journalistes volontaires de s’immerger dans un quartier sur la durée pour se mettre au service d’un programme d’éducation aux médias ou de création d’un média de proximité. Je crois beaucoup en cette idée ». Autre exemple : « Je souhaite que Mediaeducation.fr devienne dès l’année prochaine une plateforme d’échanges et de partage d’expérience entre les intervenants de l’éducation à l’information ». La ministre veut aussi soutenir Renvoyé Spécial, un projet de journalistes en exil accueillis à la Maison des Journalistes qui vont au-devant des élèves pour témoigner du prix de la liberté d’expression. Enfin, elle a rappelé l’appel à projets pour une mallette numérique, porté notamment par Ouest France, La Voix du Nord, le groupe Bayard. « Mon souhait est que ce projet puisse être déployé, dès 2016, dans 500 collèges-lycées et 500 lieux extérieurs (maisons des jeunes, foyers...) ». « Comme on apprend à avoir accès aux arts et à la culture, on doit apprendre à avoir accès aux médias et à l’information », a conclu Fleur Pellerin.