"Mécénat participatif : Tous à l'oeuvre !", donner un visage aux donateurs anonymes

Publié le 05.12.2014

Installation de JR au Panthéon

« Apporter une pierre à l'édifice », « donner une chance aux talents » « partager la passion de la culture »… Tels sont quelques-unes des motivations des seize donateurs anonymes qui vont recevoir le 9 décembre des mains de Fleur Pellerin la distinction de "Donateur de la Culture". Focus sur le "Mécénat participatif : Tous à l’œuvre !".

Evénement mécénat. Depuis la loi de 2003, le mécénat ne cesse de se développer en France. Grâce notamment à des mesures fiscales incitatives, il connaît, auprès des entreprises et des particuliers, une progression continue. Aujourd'hui, il se développe dans de nombreuses directions : mécénat des PME et des TPE, mécénat local, mécénat populaire et financement participatif (crowdfunding). C'est sur ces deux derniers phénomènes que le ministère de la Culture et de la Communication a souhaité mettre l'accent le 9 décembre, en distinguant pour la première fois seize donateurs multiples, à qui sera remise la médaille de Donateur de la culture.

Essor du mécénat populaire.... Il doit beaucoup aux souscriptions publiques lancées par la Fondation du patrimoine pour la restauration de centaines d'éléments de patrimoine à travers tout le territoire (plus de 2400 actuellement). En 2013, une « année historique », selon Charles de Croisset, son président, la Fondation a collecté plus de 12 millions d’euros pour 800 projets. Le programme Tous mécènes lancé par le musée du Louvre en 2010 pour l'acquisition des « Trois Grâces », un chef-d’œuvre de Cranach reconnu "Trésor national, est particulièrement emblématique de ce phénomène. 3,5 M€ ont déjà été levés dans ce cadre pour des projets tels que la restauration de la Victoire de Samothrace... et actuellement l'acquisition de la Table de Teschen, un objet historique qui est aussi un chef d’œuvre de l'art décoratif du XVIIIe siècle.

et percée du financement participatif. Ces appels à la générosité se déploient maintenant sur internet, où plusieurs plateformes de dons – comme Ulule, KissKissBankBank, Touscoprod, MyMajorCompany, Proarti et Babeldoor – connaissent un succès croissant dans le domaine culturel. Leur champ d'action est large : il va du financement de courts métrages à la restauration du patrimoine, du soutien à des projets d'accès à la culture à la coproduction de projets de jeunes musiciens, etc. Point commun entre ces différentes plateformes ? Elles soutiennent des « projets qui ont du sens », selon Babeldoor. En 2013, la culture a récolté 68,9% des fonds collectés par les plateformes de don, soit un montant de 13,78 M€. Ajoutez à cela les prêts et prises de participation diverses, ce sont 17,22 M€, soit 22% des fonds collectés, que les plateformes ont drainés pour des projets culturels pendant la même période..

L'avenir du mécénat participatif. Créée en 2012, l'association Financement Participatif France est le premier organisme visant à une représentation collective des intérêts des acteurs du financement participatif, l'objectif étant « la mise en place dun cadre réglementaire favorable au développement de la finance participative ». Premier chantier : l'association a rédigé un livre blanc « Plaidoyer et propositions pour un nouveau cadre réglementaire », présentant les évolutions réglementaires demandées. Avec les plateformes de mécénat participatif, elle a également entamé un travail de rédaction d’un Code de déontologie et lancé des contacts avec le régulateur (Banque de France) et les ministères concernés.

Le visage des donateurs anonymes

L'événement "Mécénat participatif : Tous à l’œuvre !" du 9 décembre permettra aussi de donner un visage – et un profil – à ces donateurs anonymes. Pourquoi devient-on donateur ? De Elian et Océane Cadis, 42 et 11 ans, à Odette Henry, 86 ans, la réponse est la même : « pour apporter sa pierre à l'édifice ». Qu'il s'agisse d'un « édifice » plusieurs fois centenaire – le Louvre ou la restauration du dôme du Panthéon – ou de projets plus récents, la motivation est de « participer par son financement à l'enrichissement de la culture française ». Elle est aussi, selon Eric Lehmann, 39 ans, cadre administratif, « de faire exister des idées des projets porteurs de sens » et de « partager la passion pour la culture », selon Laurent Puskarczyk, 30 ans, chef de produit dans la mode.