Culture : des pactes avec les collectivités pour garantir les crédits

Publié le 02.03.2015

Le 20 mai, Fleur Pellerin était aux côtés du Premier ministre qui accueillait à l’hôtel Matignon 29 nouveaux signataires de pactes culturels. A travers ce dispositif, il s’agit pour l’Etat de soutenir les collectivités territoriales qui, comme le Gouvernement, ont choisi de sanctuariser leur budget culture. « L’objectif de ces pactes est la cohésion territoriale par la culture», a affirmé le Premier ministre.

Un engagement triennal. En proposant aux collectivités locales la signature d’un « pacte culturel », l’État s’engage à maintenir pour trois ans, à partir de 2015, le niveau de ses financements culturels en faveur des collectivités, celles-ci s’engageant à faire de même pour ce qui concerne leur propre budget culture. Six pactes ont été signés depuis le début de l’année tandis qu’une cinquantaine de villes ont déjà manifesté leur intérêt. Ces pactes, qui renouvellent une collaboration État/collectivités territoriale plus que cinquantenaire, concernent aussi bien l’éducation artistique et culturelle, la création dans toute sa diversité et l’accompagnement des artistes, qu’une politique du patrimoine soucieuse de le préserver et de le rendre plus largement accessible.

Carte pactes culturels V3

Une vingtaine de nouveaux pactes. Le 20 mai, à l'Hôtel Matignon, 29 nouveaux pactes culturels ont été signés entre l’État et les collectivités locales. Parmi les projets qui pourront être financés grâce à ces pactes, Manuel Valls a cité « le projet de résidences d'artistes du Centre d'Art de Guingamp » ou encore « le centre dramatique national de Normandie à Hérouville Saint-Clair ». Pour sa part, Fleur Pellerin signera de nouveaux pactes lors de déplacements dans les semaines à venir : le 29 mai avec Abbeville et Boulogne-sur-Mer puis, début juillet, avec Blois et Arles. Une vingtaine d’autres pactes sont en cours de discussion et en préparation pour une signature d’ici l’été, dont ceux avec Brest, Cannes, Albi, Dijon, Nantes, Pau, Langres, Angers, Créteil, Montpellier, Trois-Rivières en Guadeloupe et Le Port à la Réunion. Au total, d'ici, l'été, le dispositif devrait être étendu à une soixantaine de communes.


Ces pactes concernent aussi bien l’éducation artistique et la création, qu’une politique soucieuse de la préservation du patrimoine


Engagement. Fleur Pellerin a personnellement signé 6 pactes culturels lors de ses déplacements en région : Clermont-Ferrand (le 29/01), Cambrai (le 02/02), Strasbourg (le 24/02), Poitiers (le 13/04), Toulon Provence Méditerranée (le 23/04) et Bourges (le 30/04). A Clermont-Ferrand, elle a salué le « dynamisme des acteurs culturels locaux et de tous les artistes qui font vivre les nombreux équipements culturels structurants », soulignant également le « partenariat actif » de la Scène nationale, le Centre Lyrique Clermont-Auvergne mais aussi du FRAC, dans la politique municipale en faveur de l’éducation artistique et culturelle. A Cambrai, la ministre a redit son « ambition de reconquérir toutes les zones blanches de la culture, les quartiers prioritaires de la ville mais aussi les zones périurbaines et les zones rurales, ces zones où la culture est en souffrance, soit que l’on ait pas su, pas voulu ou pas pu développer une politique culturelle au service des habitants. Car le choix de la culture est un choix éminemment politique ». A Poitiers, Fleur Pellerin est venue signer un quatrième pacte culturel qui marque l'engagement de l’État envers la ville dont 25% du budget est consacré à la culture. A Bourges, elle a rappelé lors d'un déplacement au Printemps de Bourges, les trois priorités qui motivent la signature de ce pacte culturel : « Tout d’abord, l’accès à la culture, tout particulièrement pour les plus jeunes grâce à l’éducation artistique et culturelle. Sans transmission, le XXIe siècle ne serait pas culturel et alors il ne serait rien. Notre deuxième priorité, c’est d’être les alliés propices de la création. Enfin, signer un pacte ici, c’est dire à chaque enfant de la ville qu’il a un droit inaliénable à la culture, un droit sacré oserais-je dire, car la culture est le sacré de notre société laïque. »


Fleur Pellerin : « Une offensive globale pour la culture »

Interrogée le 21 mai au Sénat, Fleur Pellerin a déclaré que le budget de la culture connaîtrait « une hausse en 2016 et 2017 », ouvrant ainsi une « nouvelle page » du quinquennat en matière culturelle. « C’est une offensive culturelle globale que je souhaite lancer désormais », a assuré la ministre, en détaillant les différents volets de son action. « Offensive culturelle, quand je signe à travers la France des pactes culturels qui engagent l’Etat pour trois ans aux côtés des villes et agglomérations qui font le choix de préserver le budget de la culture (voir notre article). Offensive culturelle aussi, en écoutant ce qui remonte des territoires. Par exemple, j’ai décidé de réengager l’État auprès des conservatoires de musique pour en faire un véritable instrument de démocratisation culturelle, qui fait évoluer les pratiques pédagogiques et met l’accent sur les cours collectifs. Offensive culturelle encore, quand nous pérennisons le statut des intermittents dans la loi de modernisation du dialogue social. Sans les intermittents, pas de singularité culturelle française. Offensive culturelle toujours, avec courant juin, la présentation en conseil des ministres d’un projet de loi ambitieux en faveur de la liberté de création, de l’architecture et du patrimoine. Un projet de loi bâti sur un triptyque : liberté, protection, partage ».